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Les compléments alimentaires : faut-il en consommer ?

Les rayons des magasins et parapharmacies regorgent de compléments alimentaires. Considérés comme des potions magiques anti-carences, ils séduisent 1 français sur 4, dont une grande majorité de femmes. Mais les vertus de ces produits sont régulièrement remises en question par les spécialistes.

compléments alimentaires Oh my Food

Vendus sans ordonnance, les compléments alimentaires sont des aliments commercialisés sous formes de gélules ou de capsules mais aussi d’ampoules, de tisanes, solutions buvables… dont le but est de compléter l’alimentation habituelle. Ils contiennent souvent une source concentrée de nutriments tels des minéraux, des vitamines, des anti-oxydants ou d’autres substances issues de plantes.
A mi-chemin entre aliments et médicaments, ils permettraient de :
- prévenir ou de compenser des carences
- de pouce lors d’un régime
- de préparer sa peau au soleil
- de lutter contre la fatigue, le stress…
On ne compte plus le nombre de nouvelles références mises sur le marché chaque année. Les vertus qu’on leur prête sont cependant régulièrement remises en cause. Et certains spécialistes s’alarment des risque que leur consommation parfois excessive peuvent faire encourir sur la santé du consommateur (risques cardiaques, cancers etc).

Une consommation élevée chez ceux qui en auraient le moins besoin

Une étude conduite par des chercheurs de l’INSERM en lien avec le programme du PNNS et publiée en février 2013 dans le British Journal of Nutrition montre que :

  •  Les consommateurs de compléments alimentaires sont ceux qui connaissent le mieux les recommandations du PNNS, qui consomment le plus d’aliments bio et qui ont globalement une alimentation et un mode de vie plus sain.
  • 60% des compléments alimentaires sont consommés régulièrement et depuis plus d’un an.
  • Les compléments alimentaires ont été prescrits/conseillés par un médecin dans 55% des cas, soit 45% d’automédication.

Fait incroyable : la consommation de ces produits est donc plus fréquente chez ceux qui ont déjà a priori un comportement plus favorable à la santé. Donc chez ceux qui a priori en aurait le moins besoin…

Une consommation des compléments importante chez des individus à risque

Aussi, l’étude indique que la consommation des compléments est importante chez des individus à risque (fumeurs, patients atteints de cancer ou fragilisés). Et c’est ce qui inquiète.
Les compléments alimentaires peuvent interférer de façon indésirable avec des médicaments, confirme l’étude. Elle cite à l’appui un travail récent qui a évalué en détail 1 491 interactions entre 213 compléments alimentaires et 509 médicaments. La prise de bêta-carotène (un précurseur de la vitamine A) peut par exemple contribuer à réveiller des tumeurs latentes chez les fumeurs. Mais ce sont les médicaments ayant pour cible le système nerveux central ou cardio-vasculaire pour lesquels le plus d’interactions indésirables avec les compléments alimentaires ont été décrites.

Une alimentation équilibrée et variée suffit

Avec des résultats qui restent flous, les professionnels de la santé donnent les conseils suivants :

  • Il est recommandé de prendre les compléments alimentaires sur des périodes d’une durée définie en suivant les recommandations d’emploi qui figurent sur l’étiquette.
  • Individuellement les compléments alimentaires peuvent avoir leur intérêt à condition qu’il y ait carence, sinon ils ne servent à rien.
  • Une alimentation bien construite et équilibré et qui couvre tous nos besoins suffit à nous protéger du développement de certaines maladies.

En cas de fatigue passagère, peau terne l’hiver, etc, il vaudrait mieux visiblement miser sur une alimentation variée et équilibrée ou demander conseils à son médecin sur l’achat de gélules ou ampoules complémentaires.

 

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