Comment comprendre les dates de péremption sur les produits alimentaires?
Deux sortes d’indications de conservation des aliments sont affichées sur les emballages. La date limite de consommation (DLC), et la date limite d’utilisation optimale (DLUO). Mais quelle est leur signification exacte? Oh my Food vous aide à faire le tri pour mieux organiser votre frigo et vos placards.
« A consommer jusqu’au… »
La date limite de consommation concerne les aliments très périssables, qui peuvent présenter un risque microbiologique pour la santé. Notamment : la viande, la charcuterie, le poisson, les plats cuisinés ou encore les fromages au lait cru, c’est-à-dire des produits frais et très sensibles.
On la repère par l’indication « à consommer jusqu’au« . Sauf exception, elle est à respecter strictement. Les produits sont d’ailleurs obligatoirement retirés de la vente avant d’avoir atteint cette date.
« A consommer avant le… »
La date limite d’utilisation optimale avertit que passé ce délai, un produit perd tout ou partie de ses qualités : goût, texture, vitamines… S’ils ont bien été conservés, il n’est donc pas dangereux pour la santé de consommer ces aliments une fois la date dépassée. Elle est indiquée par les mentions « à consommer de préférence avant le » et « à consommer de préférence avant fin« . Certaines enseignes à bas prix sont d’ailleurs spécialisées dans la vente de produits dont la DLUO est dépassée ou proche.
« Dès lors que l‘emballage est ouvert, la durée de conservation du produit est forcément écourtée. Les fabricants apportent souvent une précision sur ce point. Par exemple, après ouverture, une brique de lait UHT devra être conservée au réfrigérateur et consommée dans les trois jours » , rappelle le site Le Point sur la Table de l’association de consommateurs CLCV.
Faut-il respecter ces indications à la lettre? « Il est possible de distinguer les aliments à risque minime pour lesquels dépasser la DLC de quelques jours n’est pas préjudiciable (yaourt), de ceux à haut risque (charcuterie, fromage au lait cru…) pour lesquels il existe un réel danger », explique l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire). La date limite de consommation recommandée des œufs peut également être dépassée de plusieurs jours à condition de les manger très cuits.
Quid des produits sans indication ?
Les dates de péremption sont fixées par la réglementation ou par les producteurs eux-mêmes. Elle sont obligatoires pour la plupart des produits, excepté les denrées non périssables ou vendues à la coupe.
« Dans ce cas, il est donc recommandé d’interroger directement son vendeur professionnel. La durée de conservation dépend de plusieurs facteurs : la denrée est-elle périssable ? dans quelles conditions le produit va-t-il être conservé ? », indique Camille Helmer, en charge de l’étiquetage à l’ANIA (Association nationale des industries alimentaires). Les durées sont généralement plus courtes : 48h pour du jambon, 24h pour un steak haché.
Péremption: se fier à son bon sens
Que la date de péremption soit dépassée ou non, l’aspect ou l’odeur d’un produit sont de bonnes sources de renseignement. Un emballage gonflé, des moisissures, une viande ou une volaille à l’aspect gluant… sont des signes de risque à ne pas négliger.
Le bon sens, c’est aussi faire attention à ne pas gaspiller.
En septembre, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a révélé les résultats de son enquête : nous jetons chacun 20 kg de nourriture, dont 7 kg d’aliments encore emballés, par an et par personne. Comme au Royaume-Uni, la question de la suppression de certaines DLUO se pose en France. Mais pour l’ANIA, la solution n’est pas là :
« La suppression est-elle une véritable réponse au gaspillage alimentaire ? Une meilleure éducation du consommateur quant à la signification des dates ne serait-elle pas plus pertinente ?« , explique l’Association Nationale des Industries Alimentaires.
–
Pour en savoir plus :
Le site de l’ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire
Le guide Peut-on consommer des produits périmés ? de 60 millions de Consommateurs
Crédit photo Creative Commons: Flickr / Vizzzual.com












