Avatar of Florent

Joëlle Dubois du blog Le Coin de Joëlle : « contre la spirale des régimes et des interdictions »

Le coin de Joëlle porte bien son nom. En poussant la porte de cet espace chaleureux et gourmand, on découvre plus qu’un classique blog culinaire. Au-delà de ses recettes et de ses trucs de cuisinière, Joëlle a.k.a Auntie Jo, bordelaise depuis vingt ans, partage avant tout sur son blog son univers, influencé par ses origines tricontinentales (Afrique, Amérique, Europe).

Petite visite guidée des lieux en compagnie d’une maman de trois enfants, affable et souriante.

Joelle Dubois, du blog de cuisine Le coin de Joelle

Joelle Dubois, du blog de cuisine Le coin de Joelle

Oh my Food: Comment est né votre blog?

Joëlle Dubois: J’ai découvert l’univers des blogs en 2006, grâce à mon frère et ma sœur, qui en ont créé chacun un sur la littérature et la poésie et sur les arts créatifs et la couture.

Quand je me suis demandée de quoi pourrait bien parler le mien, ma sœur m’a dit que la cuisine lui semblait une évidence.

Avant, mes collègues de travail me disaient : « J’ai ça au frigo. Qu’est-ce que je peux faire?« . Je les aidais, je photocopiais mes recettes.

Quand on cuisine tous les jours, pour la famille et les enfants, on n’a pas le sentiment que cela puisse intéresser les autres. Et puis on se prend au jeu, on partage et on voit que ça intéresse des gens, qui adhèrent à une personnalité, un univers.

Maintenant, ma petite sœur et ma mère ont aussi leur blog. C’est une communication ludique. Ça permet de rencontrer des gens.

Je suis née au Cameroun d’un père métis et d’une mère américaine, qui a grandi dans les Etats-Unis des années 50 et 60, une époque où les filles suivaient des cours de cuisine, de couture et de tenue de maison. Avec elle, nous avons eu la chance d’apprendre à tout faire maison : la couture, les poupées et la cuisine avec des recettes américaines classiques où les pommes, par exemple, étaient remplacées des mangues ou des ananas. J’ai aussi appris de ma grand-mère camerounaise qui cuisinait sur trois pierres et un feu de bois. J’ai grandi avec l’idée que ce n’est pas si compliqué.

Aujourd’hui, j’applique et je partage tout ça avec mes enfants et mes lecteurs.

Oh my Food: Votre blog se distingue par un graphisme bien particulier, une présentation et des symboles d’étoiles, de cœurs et de soleils très anglo-saxons…

J’ai été façonnée par mes trois cultures. Parfois, cela doit s’exprimer plus ou moins consciemment.

J’ai des enfants métis, un compagnon sénégalais. J’ai eu du mal à accepter tout cet héritage quand j’étais ado mais j’ai toujours imposé ces trois origines.

Concernant le graphisme, je ne sais pas toujours choisir donc je mets beaucoup de choses.

Que ce soit dans l’écriture ou sur les photos, j’essaie de ne pas trop lire les autres blogs pour ne pas être influencée par les modes. J’essaie de faire quelque chose qui me ressemble.

Oh my Food: Nourriture, boisson, trucs et astuces, livres de cuisine mais aussi reportages, cartes postales de voyage, cinéma ou pensées. On trouve un peu de tout sur le Coin de Joëlle…

Mon histoire fait que j’ai du mal à entrer dans une case. Je ne passe pas vingt-quatre heures par jour dans ma cuisine. J’aime ça, bien sûr mais j’aime aussi le cinéma, lire et voyager. Mon blog, c’est un petit bout de moi.

Oh my Food: Comment parvenez-vous à vivre de la cuisine?

Je ne vis pas à proprement parler de mon blog mais grâce à lui.

J’effectue des missions de communication digitale et de rédaction, pas seulement dans le domaine de la cuisine puisqu’on m’a récemment chargée de rédiger le programme de la biennale d’art contemporain de Bordeaux.

Je suis également community manager pour une marque d’agroalimentaire. Il y a aussi une régie publicitaire et quelques articles sponsorisés sur des produits que j’apprécie et auxquels j’adhère. Je vis au jour-le-jour avec des propositions régulières. C’est un bon équilibre.

Oh my Food: Quelle place occupent l’équilibre alimentaire et la santé dans votre travail?

Ça m’intéresse beaucoup. Nous essayons de faire attention, d’autant que nous sommes plutôt gourmands.

L’équilibre, je le regarde sur la journée plus que sur un repas ou une assiette. J’achète beaucoup de fruits et légumes au marché, pas trop de plats préparés, sauf quelques surgelés Picard pour mes enfants, lorsqu’ils se retrouvent seuls à la maison.

J’ai été élevée au Coca donc, les jours de fêtes, il y a du Coca à table. Sinon, nous sommes plutôt à l’eau, éventuellement avec un peu de sirop de menthe ou de grenadine.

Je ne suis pas très foodista. Je fais plutôt dans le basique. J’aime les gâteaux, les muffins et les cookies… J’ai toujours été contre la spirale des régimes et des interdictions. Je ne veux pas que mes enfants pensent qu’il y a des interdits en cuisine. Tout est question de quantités raisonnables et de variété. Je ne suis pas une ayatollah. Je regarde les étiquettes quand j’achète des produits industriels. J’essaie d’éviter l’huile de palme, pour des raisons surtout écologiques, mais je ne fais pas de crêpes sans Nutella…

Oh my Food: Un menu « découverte dégustation » idéal à cette saison?

En entrée : Une soupe de cacahuètes. En plat : Une entrecôte avec un gratin de chou-fleur ou des épinards. Et en dessert : Un gâteau aux pommes à la mode toscane

Bonus

Fastfood ?

Je fais moi-même mes hamburgers, racines américaines obligent, mais il m’arrive aussi de manger chez McDonald’s avec les enfants. C’était d’ailleurs le premier rendez-vous obligé pour ma mère, lorsqu’elle arrivait d’Afrique!

Je prépare aussi des woks, avec des légumes coupés finement et du riz. De temps en temps, nous commandons des sushis.

Et puis, cela prend un peu plus de temps, mais j’adore les soirées pizzas. Je fabrique ma pâte avec mon super appareil, je la laisse lever. Puis chacun me dit ce qu’il veut et c’est parti.

Votre huile favorite?

C’est l’huile d’olive que j’utilise pour tout ou presque. Des copains m’en ramènent régulièrement d’Italie.

Quand j’étais enfant, au Cameroun, ma mère cuisinait à l’huile d’arachide, à l’huile de palme, la « vraie » et au beurre. C’est bon aussi.

Votre plante aromatique préférée?

Entre le basilic que j’emploie un peu partout et la coriandre fraîche, mon cœur balance.

Un producteur?

Je ne suis pas franchement abonnée. Je vais de producteur en producteur en fonction du bouche-à-oreille et de mes envies. Je suis curieuse, pas forcément fidèle. Le dernier que j’ai découvert, c’est le pineau des Charentes du Domaine du Chêne, que j’ai récemment visité. Nous avons goûté. J’ai aimé et j’ai eu un coup de cœur pour la personne donc j’en ai acheté.

Une bonne table?

Ma préférée, c’est le Bouchon bordelais, 2 rue Courbin à Bordeaux, dirigé par Frédéric Vigouroux ! Il propose un menu à 15-16 € le midi avec des supers produits. Le petit plus, c’est les plats du jour « garçons » et « filles ». La déco est géniale, comme l’équipe, les deux personnes en cuisine et la serveuse en salle.

Joëlle Dubois édite les blogs Le Coin de Joëlle (Auntie Jo funny little kitchen) depuis 2006 et My little Bordeaux (Tatie in ze city), depuis décembre 2010.

Posté le

No comments yet.

Laisser un commentaire

Plus d’actualités

116 queries in 0,428 seconds.