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Collation matinale à l’école: le débat reste entier

Tour à tour vantée, condamnée ou tolérée, que penser de la collation matinale? Prônée depuis les années 1950, la collation de 10 heures est aujourd’hui déconseillée par les nutritionnistes. Elle favoriserait le grignotage, une des causes de l’obésité des enfants.

Un verre de lait à chacun

Vantée. En 1954, le gouvernement Mendès-France instaure une nouvelle pratique: pour pallier aux insuffisances en calcium observées chez de nombreux enfants du primaire, un verre de lait est offert aux élèves chaque matin à 10h. Avec le temps, l’habitude s’est installée à l’école, et est vite adoptée par les parents qui glissent souvent dans le cartable un petit snack pour la récré de 10h afin d’éviter le coup de barre de 11h. La collation devient plus consistante et le verre de lait est souvent accompagné d’un aliment parfois très calorique (biscuit, barre chocolatée, etc) ou d’un jus de fruit, riche en sucres.

La collation matinale vue, aujourd'hui, par le réseau Epode

La collation matinale vue, aujourd'hui, par le réseau Epode

Un « contre-message nutritionnel »

Condamnée. Dans les années 2000, avec la montée de l’obésité et les problèmes de surpoids, les autorités publiques s’interrogent sur le message véhiculé à travers cette collation matinale. Saisie par l’Éducation Nationale, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, l’Afssa (aujourd’hui Anses), a rendu un avis très négatif en janvier 2004, démontant un à un les arguments jusque là mis en avant.

Peu d’enfants ne prennent pas de petit-déjeuner: selon la dernière enquête nationale sur les consommations alimentaires des adultes et des enfants en France (INCA, 2000), seulement 12 à 18% des enfants ne prendraient pas de petit-déjeuner le matin. Ce chiffre descend à 7% pour les enfants de maternelle, alors que c’est plus souvent à cet âge qu’une collation est proposée.

Le coup de barre de 11h ne correspond pas à une hypoglycémie mais à une simple fatigue, normale, qui n’est pas compensée par un apport calorique. La collation matinale constitue un « contre-message nutritionnel »: l’Afssa souligne qu’elle peut entrainer « une déstructuration des rythmes alimentaires et une apparition de troubles du comportement alimentaire, notamment le grignotage » et donc être un facteur de risque de l’obésité.

Aux parents de décider

Tolérée. Depuis 2001 et la mise en place du Programme National de Nutrition-Santé (PNNS), le ministère de l’Éducation Nationale émet des réserves sur la collation matinale, précisant qu’elle n’a aucun caractère systématique ni obligatoire et qu’aucun argument nutritionnel ne la justifie. Son organisation par l’école, le collège ou le lycée reste néanmoins tolérée dans les établissements scolaires.

« Nous la déconseillons aux établissements mais il n’y a pas d’interdiction« , confirme t-on au ministère. La distribution de la collation dépend donc de chaque établissement, et est plus fréquente en maternelle et primaire. Si rien n’est organisé, c’est aux parents de décider s’ils veulent donner quelque chose à grignoter à leur enfant pour la pause de 10h.

« Un fruit pour la récré »: un retour vers la collation de 10h? Depuis 2008, une initiative cofinancée par l’Union Européenne visant à favoriser la consommation de fruits par les enfants, propose aux établissements scolaires d’offrir un fruit une fois par semaine à la récréation.

De quoi se demander quel est le message des autorités publiques alors que l’Éducation nationale déconseille depuis 10 ans la collation matinale.

« Un fruit est toujours mieux qu’un gâteau« , minimise-t-on au ministère. La plaquette d’information conseille tout de même aux établissements scolaires partenaires de préférer l’horaire du goûter pour la distribution ou le matin au moment de l’arrivée des enfants à l’école. La démarche n’est pas encore très suivie. A la rentrée 2009, moins de 800 écoles, collèges ou lycées ont mise en place une distribution.

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2 Responses to Collation matinale à l’école: le débat reste entier

  1. Avatar of
    noliv 18 octobre 2010 at 17 h 40 min #

    Merci pour cet article qui résume les contradictions des pouvoirs publics en la matière depuis longtemps.

    Voilà quelques années déjà que je ne donne plus de goûter à mes filles le matin: il me semble évident qu'en prenant un goûter vers 11h le matin on ne mange plus rien à 12h!

  2. Avatar of zabeth
    zabeth 19 octobre 2010 at 22 h 52 min #

    Je me suis longtemps posé la question de glisser un en-cas dans le cartable des enfants qui, bien souvent, ne faisaient que picorer au petit déjeuner car on se levait à la dernière minute. Mais , je rejoins Noliv. Un en-cas à 11 h = un déjeuner où ils ne mangent rien… En fait, c'est simplement une meilleure organisation qu'il nous fallait … Maintenant, on se lêve plus tôt pour profiter du moment petit déj. Donc plus besoin de collation le matin.

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