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Agriculture Bio, agroécologie, biodynamie, agroforesterie, permaculture : un même combat mais avec des nuances !

Des points communs : toutes ces pratiques agricoles rejettent les OGM et tout apport chimique, face aux conséquences désastreuses sur l’état des terres, la biodiversité et la qualité des produits…

Wheat before harvest (yield's field).

Elles s’appuient de plus sur des techniques qui permettent d’enrichir et de maintenir naturellement la richesse de la terre de ces micro-organismes qui la rende vivante.
Les pratiques peuvent varier, introduisant des techniques propres et des approches philosophiques différentes sur la place et le rôle de l’homme vis-à-vis de la nature.  Mais dans tous les cas ces pratiques s’appuient sur des recherches et des observations poussées et ne constituent en rien à un simple retour aux pratiques de nos grands parents. Pour preuve, des rendements qui n’ont rien à envier à ceux des techniques d’agriculture intensive…

Les bases de l’agriculture Biologique, entre produits naturels, plantes compagnes et homéopathie

elevage« Agriculture biologique » est devenu un terme générique qui exprime à minima le respect des conditions du label AB pour la France ; plus récemment, du label bio européen, moins exigeant que le label AB.
Cette agriculture n’utilise ni produits chimiques de synthèse (engrais, pesticide) ni semences OGM. L’élevage dit « hors sol » y est interdit. Et les animaux doivent avoir un accès à l’air libre ainsi que des espaces qui leur permettent de se mouvoir librement.  L’ensemble des  produits alimentaires doivent eux-mêmes être bio, même si sur ce dernier point, pour se prémunir contre une présence fortuite d’OGM, d’infime traces sont tolérée jusqu’à 0,9%.
Enfin la  santé des animaux doit être basée sur la prévention ; en cas de nécessité de soins, l’homéopathie et la phytothérapie doivent alors  être utilisées en priorité. Les antibiotiques ne peuvent être utilisés que dans des cadres bien spécifiés.
Dans son esprit, ce label « agriculture biologique » a pour objectif d’établir une production agricole durable, où : « la fertilité et l’activité biologique du sol doivent être maintenues ou augmentées en priorité par des rotations de cultures, la culture d’engrais vert, le recyclage et le compostage des matières organiques ».Pour lutter contre les maladies, les parasites ou les ravageurs, l’agriculture biologique peut utiliser des « plantes compagnes », plantes qui se renforcent mutuellement par leur proximité. Elle peut
aussi recourir à des infusions, décoctions ou préparations de plantes !
Pour la plupart des agriculteurs bio ces critères sont insuffisants dans la mesure où ils ont été établis pour permettre à certaines agricultures « industrielles » de se prévaloir du label AB. Inquiétude d’autant plus grande que ces critères pourraient encore s’assoupli au niveau européen. Pour autant… le pas franchi était grand !
Agroécologie, Biodynamie, Permaculture, Agroforesterie vont bien au-delà de ces critères du label AB. Chacune de ces pratiques se différencie par  l’esprit dans laquelle elle est menée ainsi que par les techniques utilisées. Il n’en reste pas moins qu’elles sont complémentaires et que les frontières ne sont pas toujours évidentes à cerner pour les non initiés.

L’agriculture biodynamique, née dès 1924, et où la ferme est un organisme vivant

rudolfsteinerLes bases de l’agriculture biodynamique (appelée communément biodynamie) ont été posées par Rudolf Steiner, père de l’anthroposophie, dès 1924.
L’idée de départ est le concept d’« organisme agricole » qui consiste à considérer la ferme comme un organisme vivant, le plus diversifié et le plus autonome possible ; avec le moins d’intrants en ce qui concerne le vivant (plants, semencesfumure…).
Ce qui est vraiment propre à la pratique biodynamique, c’est l’utilisation de préparations à base de plantes en appliquant le principe de la dynamisation* et la prise en considération des rythmes lunaires et planétaires. Ces rythmes sont pris en compte pour le travail du sol, les plantations ou les semis, les récoltes ou l’emploi des préparations biodynamiques. Chaque année est publié un « calendrier des semis » dont l’utilisation dépasse largement la sphère des pratiquants de la biodynamie.

L’agroécologie, que Pierre Rabhi a largement contribué à faire rayonner

Le terme « Agroécologie » n’est pas récent : il apparaît dès 1928. En France, Pierre Rabhi, créateur de l’association Terre & Humanisme, a inspiré et mobilisé tout un mouvement en faveur de l’agroécologie.
L’agroécologie présente une véritable opportunité pour les pays en développement. En effet, en mettant l’accent sur l’équilibre durable du système sol-culture, elle permet une réduction des apports d’intrants à long terme. Ses appuis : des pratiques naturelles de fertilisation très efficaces, le respect et la sauvegarde de la biodiversité et l’optimisation de l’usage de l’eau. La prise en compte de cet équilibre entraîne aussi une meilleure capacité de résistance des cultures aux conditions difficiles : épisodes de sécheresse, pression des adventices, sols appauvris, conditions fréquentes dans les pays en développement.
L’agriculture paysanne et familiale pour une souveraineté alimentaire… cela nécessite une mise en connexion des différents types de connaissances et de savoirs. Des collaborations nouvelles entre les scientifiques et les paysans. Pour déboucher sur un nouveau modèle agricole et alimentaire.
L’agroécologie connaît un fort développement dans certains pays d’Amérique du sud (Brésil) et en Afrique (Madacascar, Burkina-Fasso).
Le terme « agroécologie » tend à supplanter le terme « agriculture bio ».  Il traduit mieux les préoccupations environnementales des agriculteurs bio.

La permaculture, souvent associée à la culture sur buttes

Le principe de base de la permaculture est de mettre en œuvre des techniques qui vont utiliser  au maximum ce que la nature sait faire seule. Au-delà de ces techniques, c’est également une éthique qui consiste à prendre soins de la nature et de l’homme dans son intégration à l’environnement. Qu’il puisse en retirer tout ce dont il a besoin, de matériel ou non, pour vivre de manière soutenable.
La permaculture va particulièrement s’attacher à organiser l’implantation de chaque élément  en fonction de ce dont il a besoin, de ce qu’il produit et de leurs interactions. Comme… planter des variétés qui interagissent positivement entre elles, exploiter ou intensifier la biodiversité par l’utilisation ou la création de haies ou de bosquets, faire des rotations appropriées.
La permaculture pratiquant  presque systématiquement le  fin de garantir d’une bonne fertilité du sol, les cultures maraîchères sont souvent effectuées sur buttes. Une technique qui améliore la richesse des terres cultivées et en rend plus facile l’entretien. Raison pour laquelle on associe souvent permaculture à culture sur butte.

L’agroforesterie, où le retour des arbres dans nos contrées

natureL’agroforesterie désigne l’association d’arbres, de cultures ou d’animaux sur une même parcelle agricole, en bordure ou en plein champ.
Les systèmes agroforestiers sont ancestraux et répandus dans le monde entier. Mais après la 2nde guerre mondiale, le développement du machinisme agricole et des produits phytosanitaires engendra une expansion des cultures pures et l’arrachage systématique des arbres.
De récente expérimentation ont montré que les arbres et les cultures créent un système de complémentarité : l’arbre remonte par exemple l’eau et les minéraux des couches profondes du sol pour les remettre à disposition des cultures de surface. La production de biomasse** est intensifiée, elle résulte d’une meilleure utilisation des ressources naturelles du milieu. La lumière, l’eau et les engrais sont prélevés plus efficacement grâce à un étagement des cultures, des systèmes racinaires de profondeurs variées, une occupation du sol permanente.
Les arbres restaurent la fertilité du sol en restituant de la matière organique via les feuilles et la décomposition des racines. De plus, outre la capacité de dépollution des eaux qu’apportent des arbres, leurs systèmes racinaires augmentent la réserve utile en eau (exploitable par la plante) des sols, améliorent l’infiltration du ruissellement, limitent l’évaporation du sol…
Une parcelle agroforestière est biodiverse à tous les niveaux. Elle permet de réintroduire des auxiliaires de cultures, abeilles et autres pollinisateurs, gibier, prédateurs, etc., et recrée une continuité écologique à l’échelle des territoires.
L’agroforesterie faisant l’objet de subvention ; perversion du système, elle accompagne parfois des cultures qui n’ont rien de bio !

Toutes ces pratiques ont beaucoup de points communs. Elles s’attachent à mettre en œuvre des techniques qui vont nourrir la terre pour la rendre naturellement la plus vivante  et riche possible.  Elles utilisent ce que la nature sait faire d’elle-même avec une réelle biodiversité, en matière de complémentarité entre végétaux ou de protection contre les divers prédateurs. Et optimisent les ressources nécessaires à la production. Une leçon d’humilité par une nature que nous pourrions bien fatiguer…

*Dynamisation  : technique mise en œuvre en particulier dans la fabrication des médicaments homéopathiques, et qui consiste à diluer la substance de base et en la remuant fortement et longuement.

**biomasse : résultat après biodégradation  des produits, des déchets et des résidus d’origine biologique, intégrant également la masse des organismes vivants qui y participent

Sources :

http://www.agroforesterie.fr/definition-agroforesterie.php
http://www.terre-humanisme.org/
http://www.agencebio.org/
http://fr.wikipedia.org

 

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