De plus en plus d’étudiants se retrouvent dans une situation dite précaire dès l’entrée à l’Université.
Ils seraient plus de 100.000 à ne plus savoir comment s’en sortir malgré les petits boulots et le système D.
C’est pourquoi le projet Agorae a vu le jour, à Lyon, sur le campus de la Doua, en octobre 2011.
La 1ère épicerie solidaire pour étudiants
Agorao est une épicerie solidaire et sociale où l’étudiant en situation de besoin a accès, avec un libre choix, à des produits à un tarif proche de 20% du prix moyen pratiqué par la grande distribution.
Explications Jillian Chazalette, 21 ans, responsable du projet:
En concertation avec l’ensemble des fédérations de chaque ville, on se demandait comment faire face à la précarité étudiante tout en créant du lien social. A l’origine l’Agoraé, nous avions diffusé un questionnaire remis l’année dernière à 500 étudiants pour mesurer leur précarité.
En lien avec les assistantes sociales, nous statuons sur le cas de l’étudiant, sur la base du « reste à vivre », une fois toutes les charges financières de l’étudiant identifiées sur une journée type. S’il lui reste moins de 7 euros pour vivre soit le prix de deux repas au resto U et d’un petit déjeuner évalué à 1€ (mais pas en dessous de 2, 20 euros ce qui représente le seuil de l’urgence et non plus de l’accompagnement), nous l’intégrons dans la structure ».
Muni d’une carte et d’un numéro, l’étudiant dispose d’un montant d’achat limité par mois, un panier qui vaudrait 100€ dans un magasin « ordinaire ». Plus ses revenus sont élevés, moins il disposera de crédit.
Le lancement d’Agoraé a été orchestré par Gaelis, fédération d’associations étudiantes lyonnaises.
Soutenu, notamment, par les collectivités locales mais aussi l’Andes (Association nationale de développement des épiceries sociales), il dispose d’un budget de 50.000 € pour donner un coup de pouce aux étudiants. En deux mois d’existence, une soixantaine d’étudiants ont ainsi pu obtenir une aide alimentaire. A terme, 150 en bénéficieront.
La structure a la volonté de proposer des légumes et fruits frais mais aussi des produits de première nécessité et simples à cuisiner.
Manière de transmettre de meilleures habitudes alimentaires aux étudiants. Six étudiants sur dix déclarent avoir sauté au moins un repas au cours des 7 derniers jours; la plupart du temps, il s’agit du petit déjeuner pourtant essentiel à l’apport énergétique pour la journée.
Toutefois, précise le responsable du projet, « nous ne faisons pas que de l’aide alimentaire ».
L’Agoraé c’est aussi de nouveaux services pour tous les étudiants. Citons notamment un accès gratuit à des permanences de psychologues, d’avocats et d’assistantes sociales, en partenariat avec l’université et le CROUS, des cours de sport, de secourisme, etc. Cette pépinière pilote et citoyenne s’attachera aussi à valoriser et développer un accès à la culture pour tous, l’échange, les rencontres et l’engagement citoyen et associatif.
« Nous offrons des places de cinéma ou de théâtre parfois, notre objectif se veut qualitatif avant tout », souligne Jillian Chazalette. Ainsi, l’Agoraé est vouée à devenir un véritable lieu de vie où des ateliers, des campagnes, des permanences auront lieu. C’est un lieu de création de lien social qui prévient et lutte contre toute forme d’exclusion.
Après les villes de Lyon et Nice, à terme, Agoraé, géré par des bénévoles étudiants, devrait s’étendre sur les villes de Brest, Lille, Strasbourg et Paris.
–
L’A.N.D.E.S., l’Association Nationale de Développement des Epiceries Solidaires, est le 5e réseau d’Aide Alimentaire en France. Depuis 11 ans, le réseau porte le modèle des épiceries solidaires dans le respect de la dignité et de l’autonomie des personnes en situation de précarité. Elle soutient leur développement et leur implantation durable (aide à la création, à la professionnalisation, approvisionnement…).












